Archives – École FAST Phases 3 et 4, Pour passer au niveau supérieur !

Par : Didier Constant Photos : Heather Bashow, Damion Pereira Photography, Didier Constant - Publié le 28 avril 2026

En juillet dernier, j’ai répondu à l’invitation de Martin Hamel, le propriétaire de l’école FAST, et j’ai suivi les phases 3 et 4 combinées de la formation afin de compléter mon cursus avec l’école la plus réputée au Canada.

En tant qu’ancien instituteur et amateur de piste, j’ai toujours cru aux vertus de l’enseignement. Même si on peut apprendre en autodidacte, rien ne remplace une formation sérieuse au cours de laquelle on acquiert les notions de base et les techniques de pilotage les plus affûtées. C’est donc avec plaisir et fierté que j’ai accepté l’offre de Martin.

Retour aux sources

Originalement, la paternité de l’école FAST revient à Alan Labrosse, qui l’a fondée, en 1986, avec le soutien de l’homme d’affaires et amateur de sports motorisés Raymond David, qui était alors propriétaire, entre autres, du circuit de Shannonville, de l’école de pilotage automobile Spénard/David, de la compagnie d’assurance moto JEVCO et des magazines Cycle 1 et Motocycliste pour lesquels je travaillais à l’époque.

Mais c’est le multiple champion canadien de Superbike Michel Mercier qui l’a forgée et en a fait l’école la plus prestigieuse au pays depuis 1987. Mercier a porté FAST à bout de bras, malgré les vicissitudes de la vie, pendant une trentaine d’années, soit jusqu’en 2020, avant de finalement prendre sa retraite. Il l’a alors cédée à Martin Hamel qui la dirige de main de maître depuis trois ans. « Assumer la succession de Michel est une grosse responsabilité, reconnaît Martin. S’il a décidé de me vendre l’école, c’est qu’il me connaissait depuis longtemps, comme homme, comme pilote, mais aussi comme instructeur — Martin a travaillé plus de 23 ans pour FAST, N.D.L.R. — et qu’il savait que je pouvais la faire évoluer. Chaque année, nos stratégies d’instruction ont été améliorées pour garantir que le contenu de nos cours est facile à comprendre et à assimiler par les pilotes, quelle que soit leur expérience. Notre objectif est de les amener à développer un niveau de contrôle et de sécurité plus élevé dans leur conduite quotidienne, mais également d’aider ceux qui s’intéressent à la course sur piste à acquérir une solide base technique. »

En effet, les motivations pour s’inscrire à l’école FAST varient d’un élève à l’autre. Ainsi, parmi les 30 élèves — 26 hommes, 4 femmes — qui prenaient part à la phase 3 avec moi, le premier jour, certains venaient découvrir l’univers de la piste afin d’améliorer leur conduite et se sentir plus en sécurité sur la route — une formation continue en quelque sorte —, d’autres pour éventuellement prendre part à des journées de roulage sur piste avec une connaissance préalable de cet environnement et une bonne technique de base, alors qu’un petit nombre se destinait à la compétition. Pour cela, il leur faudrait ultérieurement suivre les phases 4 et « R », en plus de compléter une dizaine de journées de roulage.

Phase 3 : un cours de perfectionnement

Alors que les phases 1 et 2 s’adressent aux novices désireux de découvrir l’univers de la piste dans un environnement sécuritaire, les phases 3 et 4 se destinent à ceux qui veulent se perfectionner, qu’ils aient ou non des ambitions sportives. Quand je me suis présenté au circuit de Shannonville pour ma première journée, j’étais le premier arrivé. Il était tout juste juste 7 h et le paddock se réveillait tranquillement. J’avais une bonne heure d’avance, mais je devais préparer ma moto, une BMW S 1000 RR 2023 bien dotée en options (pack de style M, pack course, pack Dynamic), lesquelles faisaient grimper la facture de mon bolide de 20 395 $ à 27 485 $. Avec l’aide de mon ami Richard qui m’accompagnait pour l’occasion, nous nous sommes assurés que la bête était prête à prendre la piste de façon sécuritaire. Nous étions arrivés la veille, par la route (Richard en auto, moi à moto), après avoir essuyé des pluies torrentielles en chemin. On avait donc un peu de nettoyage à faire pour que la BMW brille de tous ses feux.

Depuis le lancement de la S 1000 RR originale, en 2009, au circuit de Portimão — lancement auquel j’ai eu le privilège de participer —, j’ai essayé toutes les versions de la sportive allemande, incluant la HP4 Race et le Superbike d’Alex Welsh. Autant dire que c’est une moto que je connais bien. Pourtant, ça ne m’a pas empêché d’être estomaqué par l’efficience du millésime 2023. Le modèle est au zénith de la performance dans la classe des hypersportives; une moto qui vous donne le sentiment d’être une star du MotoGP. Dans mon cas, j’avais revêtu mes habits de lumière, mais j’étais loin de terroriser les autres élèves sur la piste. Mais ça, on en reparlera plus tard.

Après avoir présidé à la rencontre des pilotes, Martin nous a déployés dans nos groupes respectifs, au nombre de trois, en fonction du niveau ou des aspirations de chaque élève. Personnellement, j’avais opté pour le groupe deux, étiqueté « intermédiaire », afin de laisser les pilotes ayant des velléités de vitesse s’amuser sans entrave, mais aussi de rouler tranquille. Depuis que j’ai atteint l’âge de la retraite, mon esprit de compétition s’est émoussé et je ne tiens absolument pas à me blesser ou à détruire la BMW que je n’ai pas les moyens de rembourser, le cas échéant.

Notre groupe était encadré par deux instructeurs, Sean Huffman, ancien pilote en Superbike Pro et instructeur à FAST depuis 15 ans, mais aussi Trevor Dailey, pilote Superbike Pro sur une Suzuki. Chaque jour d’école, les étudiants bénéficient ainsi de l’expérience de cinq pilotes professionnels qui donnent des cours de pilotage avancés depuis de nombreuses années. Dont Alex Dumas, champion canadien Pro Superbike CSBK 2021 et double champion MotoAmerica qui officie avec FAST depuis trois ans. Sans oublier Martin, lui-même ancien pilote Pro, qui supervise ce groupe d’éducateurs et veille au bon déroulement des opérations.

Notre journée débute par un tour du circuit à pied — la piste Pro, en l’occurrence —, afin de bien reconnaître le tracé et de découvrir ses spécificités et ses mystères. En cette journée de la mi-juillet, il fait beau et chaud, très chaud même, malgré les prévisions pessimistes d’Environnement Canada. Une température qui va nous accompagner durant les deux jours et va me donner quelques maux de tête. Faire le tour du circuit prend une grosse demi-heure, mais ça permet de bien appréhender la piste et de bien se situer.

Durant cette journée, les séances en piste de 12 minutes vont se succéder au nombre de six. Entre chacune d’elles, on a droit à un debriefing et à une analyse vidéo avec notre instructeur, un exercice qui demande une certaine dose d’humilité, car, à la caméra, on est beaucoup moins « hot » qu’on a l’impression de l’être sur la moto. C’est même parfois dur sur l’ego, mais c’est une étape indispensable pour progresser. À cette occasion, les instructeurs insistent beaucoup sur nos trajectoires, mais aussi sur le rythme et la précision avec lesquels on exécute les différents gestes que l’on doit mettre en œuvre pour être rapides, mais aussi pour avoir une conduite fluide, coulée et sûre.

La pause déjeuner me donne l’occasion de me désaltérer, mais aussi de regrouper mes esprits. La chaleur m’affecte et me ralentit. Je me rends compte que je n’ai plus 20 ans. En fait, je suis le plus âgé de tous les élèves inscrits, de quelques mois. Nous sommes quatre à avoir passé le cap de la soixantaine depuis au moins un lustre et nous affichons tous les mêmes symptômes. Je profite également de la pause pour discuter avec mes compagnons d’aventure et partager commentaires et anecdotes avec eux. Ça permet d’évacuer la tension et de penser à autre chose qu’à soi-même.

Quand la dernière séance se termine, je constate que j’ai légèrement amélioré mes temps, mais aussi que tout est plus facile, que je travaille moins fort pour arriver au résultat visé. Je prends progressivement de l’assurance et j’en ressens les bénéfices dans mon pilotage.

Mais, comme je suis fatigué et que j’ai besoin d’une bonne douche, je fais l’impasse sur le pot de fin de journée et sur la cérémonie de remise des prix — de toute façon il y a peu de chance que j’en reçoive un —, et je retourne à l’hôtel pour me reposer un peu et aller souper dans un bon restaurant. Une bonne nuit de sommeil me fera le plus grand bien.

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Phase 4 : pour piloter comme un Pro

Le lendemain matin, je me réveille tôt, mais bien reposé. Ma moto étant prête et mon équipement déjà installé au circuit, je me permets de me lever un peu plus tard et de prendre un bon petit-déjeuner, en route.

L’horaire et le déroulement de la phase 4 sont identiques à ceux de la veille. À la différence près que l’on passe sur la longue piste autour de laquelle tous les instructeurs sont répartis (ils changent de secteur à chaque séance) et analysent notre performance en détail. Lors de ce niveau, ils insistent tout particulièrement sur notre maîtrise du trail braking (le freinage d’inscription en français), une technique qui consiste à freiner sur l’angle, à prolonger le freinage jusqu’au point de corde, sans déstabiliser la moto ni perdre l’adhérence et à relâcher progressivement le frein avant. C’est une technique que les pros utilisent en compétition et qui leur fait gagner de précieuses secondes en course. Cela permet d’obtenir un équilibre parfait et une meilleure adhérence en entrée et en sortie de virage. Personnellement, j’y ai été initié dès 2004, par Freddie Spencer, et je la mets en pratique sur circuit, mais aussi sur route.

Dans mon cas, je n’ai pas de problème avec cette phase du freinage ni avec mes trajectoires, seulement avec l’intensité de mon accélération et avec ma vitesse. Dès que j’atteins ma zone de confort, je m’y complais et je ne cherche pas à en sortir. Du coup, mes chronos sont très réguliers — je suis un vrai métronome —, mais je ne parviens pas à accélérer le rythme. Pas même en suivant un pilote marginalement plus rapide que moi. C’est un problème que je traîne depuis des années et dont je n’arrive pas à me défaire. Déjà en 2004, Spencer avait identifié cette tendance chez moi. Pour que je me sente à l’aise à un rythme plus rapide, il m’avait fait faire quelques tours du circuit de Las Vegas derrière lui. Une expérience que j’avais adorée, au point de renouveler l’expérience avec Scott Russel, 10 ans plus tard, mais qui ne m’a pas guéri de ce handicap. Peur de la chute ? Manque d’esprit de compétitivité ? Manque de confiance en mes moyens ? Ou tout simplement paresse crasse ? Toujours est-il que je traîne toujours cette tare. Là encore, Sean Huffman et Trevor Dailey ont bien essayé de m’aider, mais en vain. Il semblerait qu’il soit impossible d’apprendre de nouveaux trucs à un vieux singe. Heureusement, je connais mes grimaces sur le bout des lèvres.

À la fin de la quatrième séance, la fatigue se fit ressentir. Et comme Richard et moi avions près de quatre heures de route à faire pour rentrer, j’ai décidé de plier bagage et de prendre la route, esquivant une fois de plus la cérémonie des diplômes.

Je reviendrais !

Même si je n’ai pas atteint entièrement mon objectif, je suis extrêmement satisfait de mon expérience avec l’école FAST. Le niveau d’enseignement a encore évolué et la progression des élèves est impressionnante, surtout chez ceux qui, comme moi, ont suivi les phases 3 et 4 en cascade. Chez certains, elle est même spectaculaire et il y a fort à parier que ces étudiants se retrouveront bientôt en compétition, dans le championnat CSBK, par exemple.

Le professionnalisme, l’écoute, la disponibilité et le dévouement des instructeurs de FAST sont incroyables et garantissent aux élèves une instruction de qualité. Pour ceux qui se poseraient la question, le niveau de l’école a atteint de nouveaux sommets depuis que Martin Hamel en a pris les rênes. En ce qui me concerne, j’y reviendrais. Sûrement l’an prochain. Pour suivre la phase « R » cette fois-ci et vaincre mon apathie. Je ne vais pas abandonner si près du but…

INFORMATIONS PRATIQUES 

FAST propose six niveaux d’enseignement de la phase Street pour débutants à la phase « R » pour les aspirants coureurs. Chaque phase représente une journée complète de développement et doit être terminée avant de passer à la phase suivante.

Horaire des cours : de 7 h 45 à 17 h

Six séances de 12 minutes par jour — Pause déjeuner débutant soit à 12 h 15, soit à 13 h, selon la météo

Les cours se donnent, quelle que soit la température, même en cas de pluie. Il y a toujours quelque chose à apprendre, sur piste mouillée ou sèche. Un cours FAST ne sera pas annulé en raison des conditions météorologiques. Cependant, les séances de piste peuvent être retardées si de fortes pluies sont présentes.

Vous pouvez utiliser les motos et l’équipement de l’école (casque, combinaison, bottes, gants) ou les vôtres. Les prix sont alors ajustés en conséquence (voir liste de prix à la fin).

À la fin de votre cursus, vous recevrez un certificat qui vous permettra d’acheter une licence de pilote et de commencer la course sur route en classe débutant.

TARIFS

FAST organise une vingtaine de journées de cours dans la saison, de mai à septembre

Phase 1 — 685,00 $

Phase 2 — 685,00 $

Phase 3 — 745,00 $

Phase 4 — 785,00 $

Phase « R » — 635,00 $ (avec votre propre moto)

Paiement complet requis lors de l’inscription

Si vous utilisez votre moto — 525,00 $ (Phase « R » 635,00 $)

ÉQUIPEMENT DISPONIBLE

Combinaisons de cuir 1 pièce Joe Rocket

Casque Arai

Bottes Joe Rocket Speedmaster

Gants FIVE

MOTOS DE LOCATION

Yamaha R6 (2019-220)

Kawasaki ZX-6R 2022

Suzuki GSX-R600 2021

Kawasaki Ninja 400 2022

Suzuki GX-S750

JOINDRE FAST

École de Pilotage FAST

7047 Old Highway #2
Shannonville, On K0K 3A0

Tél :  1 514-926-4551

info@fastridingschool.com

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