Les Highdlands ontariennes

PAR Par Zabel Bourbeau Posted on

Le besoin de découvrir de nouveaux endroits et de nouvelles routes se fait sentir? Pourquoi ne pas en profiter pour aller explorer une partie de la province d’à côté, visiter nos voisins à l’ouest? À quelques heures seulement de Montréal se trouve un merveilleux terrain de jeu pour les motocyclistes : les Highlands. Situées entre Ottawa et la baie Georgienne, les Hautes-Terres nous accueillent agréablement et nous invitent à découvrir une jolie partie de l’Ontario.

Les routes de cette vaste région ont été en grande partie ouvertes par des bûcherons canadiens, mais également par beaucoup d’immigrants (polonais, allemands, islandais, suisses, irlandais, écossais, belges et français…). Au 19e siècle, fraîchement arrivés par bateau, c’est en travaillant à la sueur de leur front qu’ils ont participé à la création de cette merveilleuse toile routière dont nous pouvons profiter aujourd’hui. Il est fréquent de rencontrer sur son chemin des plaques commémoratives, des sites historiques mais aussi des gens, avec qui il fait bon discuter de leurs origines. Allez, suivez-moi…

C’est donc le 28 juillet dernier, en pleine canicule, que je pars pour une petite virée de quatre ou cinq jours. Je me fixe quelques objectifs, des trucs à voir et des routes à emprunter. Je n’ai pas un itinéraire coulé dans le béton, mais j’ai une bonne idée de par où passer et je vais suivre le beau temps. Aucune réservation d’hôtel effectuée (ce qui ajouta un peu de stress, car nous sommes, je vous le rappelle, en période pandémique), mais on finit toujours par trouver… En quelques minutes mes bagages sont prêts! On voyage léger à moto, et disons que l’expérience fait en sorte que ce n’est pas trop long quand je me décide!!! Ha! Ha! Ha!

Avro Arrow et la moto Harley-Davidson. Une technologie avancée en 1959.

Je me dirige donc vers l’Ontario par la 50 jusqu’à Ottawa, puis direction Calabodgie par la 511 afin d’y prendre une pause lunch à la terrasse du Redneck Bistro. Plusieurs motocyclistes s’y arrêtent pour profiter pleinement de cette belle journée ensoleillée. Puis, je poursuis ma route en découvrant la belle nature ontarienne. Beaucoup de forêts, mais aussi de lacs et de cours d’eau, agrémentent le décor. J’emprunte donc la belle Calabodgie Road, suivie de la Centennial Lake Road, qui ma foi est superbe! Entre les deux, je me perds et me retrouve dans une impasse, face à un gros barrage hydroélectrique! Pas de soucis : le réservoir est plein! Le revêtement de la chaussée est neuf sur une dizaine de kilomètres et j’apprécie me laisser bercer à travers les courbes! Les routes 65, 71 et 41 ont de quoi faire rêver! Rendue à Griffith, je m’arrête pour mettre de l’essence : 14 dollars. La jeune caissière indique par inadvertance 48 dollars sur le terminal! Surveillez toujours le montant indiqué : ça pourrait vous coûter cher!

Jan Zurakowski a passé ses années de retraite dans son chalet près de Barry’s Bay. Zura est un héro qui a piloté un Spitfires pendant la Deuxième Guerre mondiale, et est devenu une icône de l’aviation canadienne en pilotant le CF-105 Arrow.

En enfourchant ma moto, je me dirige vers Barry’s Bay, où je prévois faire halte pour la nuit. Arrivée sur place, les deux premiers motels sont fermés ou no vacancy, je me retrouve donc en face du Zurakowski Park (ce parc honore un résident local et un pilote d’essai de renommée mondiale: Janusz Zurakowski. L’avion le plus remarquable testé par Zura était l’intercepteur supersonique canadien connu sous le nom de CF-105 Avro Arrow), dans l’hôtel historique du village : le Balmoral. J’y apprends un peu d’histoire en jasant avec la propriétaire de l’endroit. Elle est allemande et son mari polonais. Elle m’explique l’origine de l’hôtel, me parle de la défunte voie ferrée, du salon rose pour les femmes avant la guerre, bref, ce fut fort intéressant. Elle me propose donc d’aller à Wilmo le lendemain matin afin de visiter le village reconstitué des premiers colons polonais au Canada : le Polish Kashub Heritage Museum & Skansen. Situé en face de la réputée polonaise Taverne Wilno, il vous permettra de vous renseigner un peu sur l’histoire de ses premiers immigrants polonais. Je reviens donc sur mes pas afin d’emprunter la Old Barry’s Bay Road vers le sud, tortueuse à souhait, où l’on peut s’arrêter au Monument aux Rangs Gris polonais afin d’admirer l’endroit et d’apprendre encore!

Mon prochain objectif était d’aller monter tout en haut de la tour à Dorset, afin d’avoir une vue imprenable sur la région. En poursuivant ma route, je découvre la S. Baptiste Lake Road : coup de cœur! Je prends ensuite soin de m’arrêter à Haliburton à l’aire de repos, tout en haut de la Skyline Drive pour la vue sur la ville, puis me dirige vers la Haliburton Sculpture Forest afin d’admirer la beauté de dizaines de sculptures en forêt et d’en profiter pour me dégourdir les jambes dans cette belle nature…

Malheureusement, rendue à Dorset, en raison des circonstances du moment, la tour était fermée. Ça m’a tout de même permis de m’arrêter au Zachary’s Restaurant pour manger une bouchée sur la terrasse au bord de l’eau : pas cher et parfait! Je ne pouvais passer à Dorset sans m’arrêter au Robinson’s General Store! Puis je roule et je roule afin de me trouver une place pour dormir… atterrissage : Orillia.

Le lendemain : longue journée riche en découvertes encore! Cette fois-ci les routes étaient belles mais sans plus… SAUF QUE! J’ai fait de la trail avec mon Harley pour me rendre au parc provincial Petroglyphs! WOW!! Quel merveilleux endroit, mais les photos des pétroglyphes y sont interdites… Pour ceux et celles qui ont visité le Dinosaurs National Monument en Utah/Colorado, c’est le même principe. On peut les voir dans un édifice aménagé avec des conditions de ventilation parfaites afin de préserver cette immense paroi rocheuse remplie de gravures autochtones anciennes. J’ai adoré!

La plus petite prison d’Amérique? Peut-être, mais le village de Creemore pourrait également revendiquer ce titre!

Il fait beau, pas de pluie, comme c’est agréable de rouler à moto sur des routes exceptionnelles. Je m’arrête donc à Tweed afin d’aller voir (pas visiter, car c’est fermé…) la plus petite prison d’Amérique du Nord! Bon, ce record est relatif et Tweed se le dispute avec la ville de Creemore…

Je dors donc à Perth ce soir-là et je prépare déjà mon retour à la maison. Le lendemain matin, après avoir pris soin de commencer par un bon petit-déjeuner, j’en ai profité pour flâner dans cette belle ville historique. Je prends le temps d’aller photographier le Mammoth Cheese (en 1893, un fromage de 22 000 livres connu sous le nom de «Mammoth Cheese» a été produit à Perth pour être exposé à Chicago à la World’s Columbian Exposition afin de promouvoir le fromage canadien dans le monde).

C’est après avoir traversé quelques jolis petits villages que je m’arrête à Merrickville pour abreuver ma moto. Une pause jasette avec un sympathique monsieur de 83 ans qui me raconte des anecdotes et me demande si, dans son cas, il est trop tard pour suivre un cours de moto… On a souri et on a ri!

Cette région gagne vraiment à être connue par les motocyclistes, surtout le nord. Avec moins d’achalandage et surtout plus de relief et de courbes, il est fort agréable de s’y balader. Grâce aux frontières américaines fermées, j’ai pu découvrir un territoire jadis inconnu pour moi. Je procrastinais et penchais toujours pour aller faire un tour chez nos voisins du Sud.

Conduisez prudemment et profitez-en!

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