Moto-tech: Les suspensions

PAR Michel GarneauPosted on

De traction et de contrôle
Demandez à un groupe d’amateurs de motos quelles sont les principales fonctions communes à toutes les suspensions et il y a de bonnes chances qu’une majorité d’entre eux vous répondent qu’elles servent à assurer le confort. Malheureusement, toutes ces personnes auraient tort. Bien que nous apprécions tous le fait qu’une suspension bien conçue et bien réglée nous protège effectivement des imperfections des routes, des sentiers ou des terrains, la principale fonction de toute suspension est, d’abord et avant tout, de maintenir la traction et, par conséquent, le contrôle. 

Si vous n’êtes toujours pas convaincu, alors demandez-vous pourquoi les fabricants de motos s’imposeraient les difficultés et les coûts associés à la conception et à la fabrication de systèmes aussi complexes et dispendieux que ceux que nous avons sur les motos modernes quand, si le confort était le seul objectif, ils pourraient simplement fabriquer des motos avec des sièges suspendus (analogues à une tige de selle à ressort comme sur certains vélos). Ce que vous auriez obtenu alors, en théorie, c’est le même niveau de confort que vous avez maintenant, mais seulement du contrôle sur des routes impeccables (ce qui, on le sait, est assez rare au Québec).

Cela nous amène à parler de la deuxième fonction d’une suspension : assurer la durabilité et la longévité des composantes. Essayez juste d’imaginer combien de temps tiendrait notre prototype fictif de siège suspendu en roulant sur une route ou un terrain couvert de bosses. La réponse? Pas longtemps! Aussitôt dit et aussitôt vous perdriez des pièces.

Enfin, et ce n’est pas pour diminuer sa valeur ou son importance, la dernière fonction clé est de procurer du confort. Il en va simplement ainsi : une suspension efficace, qui remplit bien ses deux premières fonctions, presque comme un avantage indirect, isolera aussi le conducteur des irrégularités de la route.


Ressorts et amortisseurs
Sans grande surprise, les premières motos étaient montées de façon rigide, c’est-à-dire sans suspension, tout comme les vélos de l’époque, chose peu surprenante puisqu’elles étaient essentiellement des bicyclettes munies d’un moteur. Dépourvus de ressorts et d’amortisseurs, les véhicules montaient et descendaient avec chaque bosse, et plus la vitesse était élevée, plus la moto était projetée dans les airs par les bosses, perdant ainsi de la traction. On a rapidement réalisé que l’ajout d’un élément intermédiaire, soit un ressort, permettait d’atténuer ce problème puisque les roues pouvaient alors monter et descendre avec les bosses tandis que le véhicule lui-même demeurait jusqu’à un certain point isolé de tout ce mouvement. Toutefois, on s’est rapidement rendu compte qu’un véhicule suspendu sur des ressorts seulement est un oscillateur, c’est-à-dire que lorsque le système est perturbé par une bosse, le véhicule continue de rebondir longtemps après le choc. Pensez, par exemple, à un chargeur sur roues conduit à sa vitesse maximale. En effet, même si la route est assez égale, le chargeur commencera à se balancer et à rebondir sur ses gros pneus flexibles (qui sont, en effet, des ressorts à l’air). Très rapidement, ce balancement et ce rebondissement peuvent augmenter jusqu’à ce qu’ils nuisent à la maîtrise du véhicule.

Pour résoudre ce problème, on a ensuite ajouté des amortisseurs, ceux-ci servant à absorber et dissiper l’énergie du choc, empêchant ainsi l’oscillation continue. Le premier objectif d’un amortisseur est donc d’éliminer l’énergie indésirable de la combinaison véhicule/ressorts. Où va l’énergie absorbée par les amortisseurs de la suspension? Elle devient ce que toute énergie finit toujours par devenir : de la chaleur.

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