Rouler et vivre en bonne compagnie!

PAR Marc ParadisPosted on

Lorsqu’on débute à 12 ans dans la grande aventure de la moto comme je l’ai fait, on ne se pose pas de questions. On roule avec des amis, on essaie de s’améliorer et on a du plaisir à découvrir ce nouveau moyen de transport. Jamais il ne m’était passé par la tête de devoir un jour partager cette nouvelle passion avec une fille… Bien sûr, à 12 ans, on se préoccupe plus des résultats de course de Kenny Roberts, Bob Hannah et Gilles Villeneuve que de ce que les demoiselles pensent de la moto! Lorsque j’ai rencontré pour la première fois celle qui allait devenir ma conjointe par ce soir de juillet 1987, j’étais bien sûr à moto. Portant ma salopette de cuir (que notre fils aîné utilise présentement), manteau et bottes Taurus fabriqués par Drospo à Lac-Drolet, j’avais fière allure avec ma coupe Longueuil! Je ne crois pas que le fait que je sois un motocycliste ait influencé son choix, je lui ai même fait écouter un enregistrement du son de ma moto sur une cassette! Mais au moins, elle savait à quel genre de bizarre elle s’intéressait. Après plusieurs mois hivernaux de fréquentation revint le printemps et le temps de ressortir ma Maxim 750 de son hibernation. Ce fut aussi le baptême du 2 roues pour ma nouvelle passagère. J’étais un peu anxieux, ayant entendu maintes histoires de passagères réagissant de façon disons « imprévisible » lors de la prise des premières courbes. Un petit résumé du comportement à apporter lorsqu’on est assis à l’arrière (oui, j’étais déjà assez téteux, même à 19 ans!) et nous sommes partis pour une première randonnée. N’ayant pas réussi à la terroriser, plusieurs autres sorties s’ajoutèrent au fil des ans, nous équipant avec ce que nos budgets d’étudiants nous permettaient. Au printemps 1995, l’idée d’enseigner à ma passagère à piloter une moto, après sept ans sur le siège arrière, commence à germer dans ma tête. Quoi de mieux pour s’initier que le hors route au guidon d’une docile double usage? Je l’avoue, ce retour à la terre me tentait depuis quelques années et l’acquisition de ladite moto en « compagnie » ferait deux heureux! Ce fut sur une XL185, quand même bien conservée, que sa propriétaire précédente appelait affectueusement Betty-Lou, que s’arrêta notre choix. Pas trop puissante, une hauteur de selle raisonnable et aucune réparation à effectuer. La descendre dans notre Bas-du-Fleuve natal en partant de Québec sur la 132 me rappela qu’en avril, même sur une moto qui peine à atteindre les 100 km/h, le vent du nord-est peut être « vivifiant »! Mon élève me surprit par sa rapidité d’apprentissage, tout semblait facile. Rouler à deux sur la 185 ne fut agréable que les premières minutes sur la route. Dans la trail, ce fut un désastre… Ce « désastre » m’obligea à me procurer à mon tour une monture… Rouler chacun sur notre moto nous amusait, mais la différence d’expérience se traduisait souvent par un : « Je roule et je t’attendrai une fois rendu à l’embranchement… ». Vinrent donc ensuite logiquement le cours de conduite et l’achat d’une moto de route. Le germe était transmis pour de bon, même deux plâtres, résultats d’une chute à basse vitesse sur une route de gravier, ne pourront venir à bout de sa passion. L’emprunt de mon équipement afin de rouler le plus tard possible à l’automne 1997 en arborant une formidable bedaine (contenant notre aîné) n’en est qu’un exemple. Depuis que nous nous connaissons, jamais l’option d’arrêter de faire de la moto ne nous est passée par la tête. Au contraire, nous avons contaminé nos deux fils! Prendre place derrière papa ou maman sécuritairement muni d’un harnais ou encore s’initier en hors route sur une petite 50cc ont marqué l’enfance de nos ados. Je ne crois pas que par ce soir de juillet 1987, elle s’imaginerait 27 ans plus tard dans une maison où trônent presque en permanence des casques de moto dans le salon, des magazines un peu partout, six motos dans le garage qui fut construit dans ce but (et accessoirement pour aussi y placer sa voiture en hiver…). Elle ne se doutait pas non plus que ce gringalet de 135 livres, rêvant de devenir journaliste moto, réaliserait un jour son rêve (partiellement, car je ne me considère pas du tout comme un journaliste, mais bien comme un tripeux de motos). Je me trouve très chanceux d’avoir à mes côtés cette femme qui m’épaule et comprend mes nombreux engagements en dehors de mon boulot régulier. Trop nombreux, parmi mes amis, sont ceux qui doivent parfois laisser tomber leur passion pour diverses raisons conjugales. Chez nous, la moto fait partie de la famille, et ce, avec l’approbation de la personne la plus importante. Merci Isabelle!

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