KTM 125 Duke: Un air de famille

PAR Alan CathcartPosted on

La Honda CBR125R s’est imposée comme la première petite moto cool des temps modernes. C’est maintenant au tour de KTM d’entrer dans la danse avec sa Duke au style européen racé.
 
« De nos jours, le plus grand défi des fabricants de motos, c’est de trouver comment séduire les plus jeunes clients, explique Stefan Pierer, le président de KTM. On le fait en partie avec nos modèles de compétition à moteur électrique, mais le plus important pour nous, c’est la classe des 125 cc. » D’où cette nouvelle venue dans la famille des Duke. 
Le développement de la 125 Duke a débuté en 2008 avec comme objectif de « réaliser une KTM moins chère, sans sacrifier la qualité ni les performances », précise Robert Prielinger, le directeur Recherche et développement chez KTM. Pour ce faire, on a confié l’ingénierie à la maison mère de KTM à Mattighofen, en Autriche, le design à Kiska Design de Salzbourg, et la fabrication à la société indienne Bajaj (dans son usine de Pune, au sud-est de Mumbai). Actionnaire important de KTM, Bajaj est le quatrième plus important fabricant de deux roues au monde. Les deux entreprises ont travaillé conjointement aux phases de développement de la nouvelle machine.
 
J’ai piloté, en Autriche, l’un des cinq prototypes de préproduction. Précisons que la 125 Duke n’est pas offerte au Canada (du moins pour l’instant).

En appuyant sur le bouton du démarreur électrique, le petit moulin prend vie instantanément. Les bruits mécaniques sont minimes, de sorte qu’on entend bien l’agréable tonalité qui s’échappe du silencieux. Grâce au contrebalancier, entraîné par engrenages, l’essentiel des vibrations est absorbé, même quand on approche des 11 000 tr/min de la zone rouge. Le moteur est alimenté par injection via un corps de papillon Dell’Orto de 33 mm. Le système de gestion électronique du moteur (fabriqué en Inde par une filiale de Bosch) limite la vitesse à 100 km/h pour l’Europe (et à 80 km/h en Allemagne). Par contre, sur mon modèle d’essai débridé, j’ai souvent roulé à 125 km/h au compteur.

La Duke 125 est une machine plein format : selle à 810 mm, espace et repose-pieds pour le passager, réservoir bien découpé de 11 litres qui protège les genoux (bon pour plus de 300 km). Sa position de conduite droite était confortable malgré mes six pieds. Les différents contrôles contribuent à la convivialité de la moto. L’embrayage est particulièrement progressif et simple à contrôler. De plus, le volant moteur est suffisamment lourd pour empêcher le régime de trop descendre entre les changements de vitesse. Il est facile de passer les rapports de manière fluide.

Le cadre en treillis est inspiré des autres modèles de la marque. La suspension avant est assurée par une fourche inversée étonnamment costaude, de 43 mm. Mise au point par WP et KTM, elle est fabriquée par un partenaire indien, Endurance. La fourche n’est pas ajustable, mais elle offre un débattement généreux – 160 mm – pour mieux négocier les routes cabossées de certains marchés cibles. À l’arrière, le monoamortisseur offre aussi un débattement de 160 mm, mais on peut ajuster la précharge du ressort, pour adapter la moto au transport d’un passager ou de bagages. Les roues de marque Jingfi ont de la gueule avec leur fini noir. À l’avant, le freinage est assuré par un disque de 280 mm avec étrier radial à quatre pistons – à l’arrière, on retrouve un simple piston avec disque de 230 mm. Les freins sont de marque Bybre, la filiale indienne du géant italien Brembo.

La 125 a ce qu’il faut pour entrer dans la famille des Duke de KTM, et c’est en partie grâce à Bajaj. En effet, le fabricant a réussi à obtenir de ses fournisseurs indiens des composantes de qualité, conformes aux normes européennes. À part les roues (qui viennent de Chine) et les pièces en aluminium forgé (Pologne), la Duke 125 est entièrement indienne. « Tout est différent ici, explique Robert Prielinger. Au début, il a fallu un bonne période d’apprentissage de part et d’autre. Ce sont des gens intelligents et éduqués, mais ils n’avaient jamais appris à pousser un nouveau produit jusqu’aux limites comme nous le faisons en Europe. »

Avec son gabarit plein format, son image de marque européenne et son bagage génétique tiré de la famille Duke, la KTM 125 est sans doute la plus cool de toutes les petites motos sur le marché. Ce qui lui donne un avantage certain pour attirer les ados. Et les fidéliser si possible. Car j’ai entendu entre les branches que le moteur de la 125 était déjà pensé pour recevoir un kit 200 cc. Avec ses 15 ch actuels, la 125 est déjà probablement la moto pour débutant la plus puissante. Avec le kit, elle pourrait atteindre 24 ch selon certains tests effectués par KTM.
 
« Nous travaillons également sur des monocylindres de 250 et 300 cc, a expliqué le grand patron de KTM. Ces moteurs auront à peu près les mêmes dimensions extérieures que le 125, ce qui fait que nous pourrons les installer dans les mêmes châssis et proposer à nos clients de gravir les échelons avec nous, à mesure qu’ils prennent de l’expérience. Les 250 et 350 arriveront sur le marché environ 18 mois après la 125. Et la même philosophie devrait être appliquée pour de nouveaux modèles dans la catégorie des 400 et 600 cc. Si, avec tout cela, KTM ne réussit pas à allumer la flamme des nouvelles générations de motocyclistes, ce ne sera pas faute d’avoir essayé!

Cutlines:
La 125 Duke est fabriquée en Inde, mais elle adhère tout à fait aux normes et à l’esthétique européennes des KTM, notamment avec ses formes anguleuses et son phare distinctif. Avec ses 43 mm de diamètre, la fourche peut sembler excessivement costaude pour une machine de 15 ch… mais elle lui donne de la prestance.

ARTICLES LES PLUS RÉCENTS



Une nouvelle Ducati : Scrambler Desert SLED Fasthouse


Gamme Triumph Bonneville 2021 : le changement se trouve à l’intérieur


Kawasaki annonce ses modèles 2022


Yamaha présente sa nouvelle WR250F 2022 et annonce le retour de la WR450F!


Yamaha dévoile ses modèles Supersport célébrant son 60e anniversaire de participation au Grand Prix mondial


Batteries interchangeables sur les motos, quatre constructeurs s’engagent