Le monde des embrayages – 5e partie

PAR Michel GarneauPosted on

Comme nous l’avons vu dans notre dernière chronique, les embrayages antiblocage fournissent une façon simple et efficace de prévenir le blocage de la roue arrière en période de décélération, ce qui améliore à la fois la performance et la sécurité des motos qui en sont dotées. Toutefois, ceux-ci ne représentent pas le dernier mot dans l’évolution des technologies de contre-couple pour les embrayages. Voilà que depuis quelques années déjà, de nombreux fabricants ont emboîté le pas en utilisant une nouvelle configuration d’embrayages qui permet non seulement de prévenir le blocage de la roue arrière à la relâche des gaz, mais qui réalise également une réduction de l’effort requis au levier.

Pourquoi alléger l’effort? 

Nous savons tous que les efforts spectaculaires des ingénieurs au fil des années ont permis de hausser de façon considérable la puissance des moteurs de nos motos, et ce depuis leurs tout premiers débuts. Sans grande surprise, plus un moteur est puissant, ou plutôt plus il produit de couple, plus l’embrayage, mandaté à transférer cette énergie rotative, est susceptible au glissement lorsque nous accélérons. Voilà que les ingénieurs ont eu à faire appel à des ressorts de plus en plus fermes pour assurer que les disques restent solidarisés lorsque le moteur est sollicité. Si ces ressorts permettent de réaliser le couple, leur utilisation a eu pour effet secondaire de nécessiter plus d’effort de la part du pilote pour séparer les plaques (haussant ainsi l’effort requis au levier).  À un moment où on essaie de démocratiser l’activité, c’est-à-dire rendre les motos plus accessibles et faciles à conduire afin d’attirer de nouveaux adeptes, un levier lourd à actionner n’est pas une caractéristique souhaitable. Mais comment donc réduire l’effort requis tout en assurant que l’embrayage ne glisse pas?

Deux c’est mieux

Dans notre dernière chronique, nous avons aussi démontré que l’on pouvait utiliser une came pour désolidariser l’embrayage (soit en décélération). S’il est possible de manipuler l’espacement et la pression entre les plaques lorsque la roue essaie de propulser le moteur, ne serait-il donc pas envisageable d’utiliser un concept semblable pour forcer les plaques ensemble lorsque nous accélérons?  Eh oui, certains techniciens ingénieux ont justement découvert qu’il était possible d’utiliser une autre came pour y arriver. On a donc ajouté une fonction « d’assistance » à l’embrayage, chose qui permet de réduire soit le nombre ou la contrainte des ressorts (réduisant ainsi l’effort requis au levier), ou encore de diminuer le diamètre de l’embrayage, chose qui réduit à la fois le poids et l’inertie de l’assemblée, améliorant ainsi la réponse du moteur. Plus intéressant encore, cette configuration d’embrayage a la caractéristique innée de solidifier les plaques davantage en relation directe avec la puissance produite par le moteur. Dit autrement, plus on sollicite le moteur, plus les plaques se feront resserrer ensemble, réduisant la tendance au glissement au moment même où cela est à son plus indésirable. Parlons donc du beurre, de l’argent du beurre et de la tranche de pain aussi!    

Comme c’était le cas avec les embrayages antiblocage (soit sans la fonction d’assistance), ceux-ci ne sont pas utilisés uniquement pour les motos sport, mais aussi pour des motocyclettes de pratiquement tous les segments, allant de motos de débutants (à plus petites cylindrées) jusqu’à des grosses croisières.    

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