Il n’est pas nécessaire d’avoir survécu à l’adrénaline d’une oscillation ou d’un guidonnage pour comprendre que la stabilité et la prévisibilité sont des caractéristiques de conduite extrêmement recherchées en matière de motos. La question est donc de savoir comment garantir au mieux le maintien de ces caractéristiques recherchées à tout moment.
Suspension : le gestionnaire de stabilité imparfait
Les suspensions de moto sont conçues pour absorber les chocs et les perturbations du châssis générés dans l’axe vertical, c’est-à-dire lorsque la moto est à la verticale. Lorsque cette dernière condition est remplie, les suspensions de moto sont excellentes pour absorber les bosses et maintenir la moto stable à l’accélération ou au freinage. Bien entendu, contrairement à une voiture, une moto n’est pas toujours droite et les forces de choc rencontrées lorsqu’elle est penchée posent un sérieux problème de stabilité pour la simple raison que les suspensions ne sont pas conçues pour gérer les charges latérales. Dans de telles situations, ce sont les pneus et le châssis qui doivent gérer les perturbations. Dans le cas particulier des motos de route équipées de pneus radiaux, la rigidité des flancs n’est pas toujours idéale pour sauver la situation.
Pas assez et trop
Les pilotes « expérimentés » se souviennent peut-être que les années 1970 ont contribué à forger la réputation de Kawasaki en tant que constructeur de motos performantes équipées de moteurs puissants. Les célèbres tricylindres à deux temps du constructeur japonais sont entrés dans la légende, suivis par la Z1 900 en 1972, qui a changé la donne. Outre la puissance de leurs moteurs, ces motos ont toutes la réputation d’avoir une conduite imprévisible, les problèmes d’instabilité étant liés à des cadres trop flexibles.

Comme nous le savons tous, la puissance des moteurs a continué à augmenter dans les années qui ont suivi, ajoutant encore plus de stress au châssis et au train de roulement des motos. Sans surprise, les ingénieurs ont réagi à ce problème et ont commencé à rigidifier les cadres et les suspensions, ce qui a permis d’améliorer considérablement la conduite.

La « flexion contrôlée »
Au milieu des années 1990, les ingénieurs moto ont réalisé qu’un certain degré de flexibilité du châssis pouvait être une bonne chose, en particulier dans les virages. Les ingénieurs ont donc commencé à expérimenter l’intégration d’un certain degré de flexibilité dans le cadre des motos. Alors que les premiers efforts étaient limités aux motos de course sur circuit fermé, Honda a décidé de changer la donne en lançant sa CBR900RR révisée en 1996, la première moto de série à adopter le principe de la « flexion contrôlée ». Plus précisément, le cadre de la 900RR 1996 était en fait moins rigide que celui de la version précédente, l’utilisation d’extrusions de cadre à parois plus minces contribuant à réduire la rigidité latérale, tandis que des révisions ailleurs rendaient la moto plus rigide en torsion. L’arrivée de la VTR1000F l’année suivante et de la VFR750 révisée l’année d’après a poursuivi cette piste de développement.

Gestion moderne de la flexion
La technologie des châssis a beaucoup évolué ces dernières années et les constructeurs ont mis au point de nombreuses techniques pour intégrer les caractéristiques de conduite souhaitées. L’une de ces techniques consiste à faire du moteur un élément sollicité du châssis, la conception des supports de moteur étant utilisée comme paramètre de réglage.

Les supports de moteur ne sont pas les seuls éléments à avoir évolué. Les bras oscillants des motos dénudées et des sportives modernes ont tous évolué pour utiliser une configuration étroite mais haute, une architecture conçue pour permettre une certaine flexibilité lorsque des bosses sont rencontrées en milieu de virage. Les tés de fourche, les essieux, les tubes de fourche et diverses autres pièces sont également fréquemment révisés dans le cadre d’une quête incessante pour trouver le mélange parfait de stabilité et de prévisibilité.
