Éditorial

9 mai 2018

Comme un oignon !

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Avec ou sans le i dans oignon, je crois que vous comprenez l’allusion. Si un vieil ermite m’épluchait, il vous dirait sans hésiter que l’hiver s’annonce rude!
Avec quelque chose comme cinq couches sur le bas du corps et pas moins de sept sur le haut, je suis prêt à affronter les conditions moins qu’optimales que la météo de notre beau pays a à nous offrir. Tout en dessous, je porte mes sous-vêtements de compression EC3D; j’aime bien le support qu’ils offrent et surtout le fait qu’ils repoussent l’humidité que dégage ma peau quand j’ai à faire un effort. Oui, même quand il fait froid je transpire; lorsque je guide ma grosse aventurière dans des conditions difficiles, que je la pousse si elle a besoin d’un coup de pouce pour monter une côte enneigée ou encore sortir d’un trou d’eau gelé dont la glace n’était pas assez forte pour les 275 kg du mastodonte, je trouve alors le moyen d’avoir chaud. Ma deuxième couche en ces temps plutôt frais qu’apporte le bonhomme hiver, ce sont des sous-vêtements thermaux habituels de sport d’hiver, qui eux aussi repoussent la transpiration loin de mon épiderme.

Mes pantalons isolés spécialisés, semblables à des pantalons de ski de fond, et mes pantalons Olympia me gardent les jambes au chaud. En avant-dernière ligne, la doublure étanche de mes Olympia garde l’eau à l’extérieur, mais je dois avouer que c’est une barrière qui fonctionne dans les deux sens. Lorsque j’ai transpiré un peu trop, j’essaie de trouver un endroit pour les enlever quelques minutes afin de laisser s’évaporer ce qui s’accumule entre ma dernière sous-couche et cette doublure étanche, avant d’avoir à affronter de longues sections sur la route ou en chemin dégagé. Pour le corps, c’est au minimum deux gilets qui s’intercalent par-dessus le haut thermal et sous la doublure d’hiver de mon manteau Olympia. Ce manteau est un 3-en-1, donc en plus de la doublure piquée, il y aussi une doublure étanche. Elle se comporte comme celle du pantalon, donc pas d’infiltration par l’extérieur, ni d’eau ou d’air froid, mais aussi un peu de rétention pour donner cette sensation de sauna portatif en cas extrême.

Avec un peu d’expérience, on reconnaît plus rapidement ces moments où la situation va demander de l’huile de bras (bien souvent à la limite du cocasse ou du tragique, selon le point de vue). Si l’on comprend alors que de prendre le temps de se mettre à l’aise, d’enlever le casque (et mettre une tuque que l’on a pris le soin d’apporter aussi) et d’ouvrir la fermeture du manteau est un gain de temps plutôt qu’un obstacle de plus, on s’en tire avec moins de chances de sentir la sueur nous ruisseler dans le dos après avoir poussé, tiré, lancé de grands grognements dignes des compétitions d’hommes forts et peut-être s’être adressé à quelques entités de notre histoire religieuse…

Garder mon corps à une température confortable est le seul moyen que je connaisse pour maintenir mes extrémités en état de fonctionner. Je pourrais avoir des poignées chauffantes qui feront fondre mes gants, il n’y a aucune chance que je sois en mesure de me garder les mains chaudes si je frissonne. Même constat pour les pieds; dès que mon corps baisse un peu de température, il coupe le flot sanguin et on oublie ça! J’ai donc des gants avec matériau Windstopper et parfois j’enfile des sous-gants. Pour les pieds, je préfère les bas en laine mérinos avec à l’occasion des chaussons Gore-Tex dans mes bottes Forma Terra, complètement étanches avec leurs membranes Drytex que j’ai éprouvées à maintes reprises dans diffé­rentes flaques et autres ruisseaux…

Un cache-col Vitae, offert par Éric, notre rédacteur en chef, est complémenté par une cagoule si le froid est vraiment intense. La dernière chose que je veux, à -5 oC ou moins, est de sentir le vent s’engouffrer dans mon cocon mobile. Et, vous vous en doutez bien, s’il y a une infiltration, l’équilibre thermal risque de basculer en faveur d’une fin de randonnée grelottante. Le froid est un obstacle seulement s’il me fait souffrir, et comme vous pouvez le voir, j’ai mes trucs pour éviter la torture volontaire.

Un peu trop fou pour la majorité de rouler par temps froid, j’en conviens, mais si vous me rencontrez après une balade hivernale, mon sourire devrait vous faire comprendre que je suis un cas désespéré. Hiver rude ou pas, j’aime trop rouler pour m’en passer!