Éditorial

23 avril 2018

Histoire sans fin

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Je réinstalle l’aile avant de ma Multistrada Enduro avec l’extension que je viens de lui greffer. Une bonne chose de faite, le radiateur ne se fera plus autant poivrer par les projections du pneu avant et je ne devrais plus avoir à retirer de la boue cuite qui s’accumulait. Au moins le radiateur était déjà bien protégé avec un grillage, qui vient avec le kit de protection hors route optionnel de Ducati. Sous le radiateur, j’ai rajouté un protecteur qui comble l’espace entre celui-ci et le sabot d’origine. L’aile avant est la dernière d’une liste assez longue d’additions-modifications apportées à ma moto, mais la liste va surement s’allonger…

Si vous lisez cette chronique à l’occasion, vous avez probablement déduit que je suis l’un de ceux qui ­adaptent leur machine à leurs besoins, mais je dois avouer que depuis que j’ai cette Multistrada Enduro, j’ai au mini­mum redoublé d’ardeur dans ma lubie. Elle est évidemment conçue pour être utilisée en mode aventure, mais il semble que mes aventures, en tant que Le Racer, soient différentes de celles d’un Luigi (ou quiconque d’autre à qui les ingénieurs italiens ont songé). Dès mes premiers kilomètres à ses guidons, au Rally Crush Canada l’an dernier, j’ai compris que les protège-mains auraient besoin d’être améliorés… Je vous épargne les détails, mais ­maintenant, ils sont bien protégés par de solides Barkbusters en aluminium installés au printemps. Les leviers de frein et d’embrayage d’origine sont ajustables, ils ont toutefois fait place à un modèle, ajustable aussi, qui en plus pivote en cas de chute.

Sur le guidon se retrouve mon GPS, mon ordinateur d’enduro Voyager et une prise USB double que j’ai dissimulée dans le rangement qui accueille mon téléphone. Le tableau de bord est flanqué de mon dispositif de localisation Spot à droite et du contrôle du Scottoiler, qui me dispense de la corvée de huiler la chaine, à gauche.

Une autre amélioration, qui se veut en quelque sorte une variation positive du tristement célèbre « Loud pipes save lives », est cependant hors de vue. Le faible klaxon d’origine a fait place à un élément digne de ce nom. Tout aussi pratique pour attirer l’attention d’un orignal que pour ramener à la réalité un usager de la route perdu dans ses rêveries virtuelles ou encore peu attentif. Je vous confirme que dans les deux cas, il y a un changement d’état cérébral, de celui proche du stade végétatif à très alerte, pour ne pas dire en panique! Avec un sérieux 113 décibels, plutôt qu’un tristounet 100, ce petit investissement me donne le sourire chaque fois que j’ai à l’utiliser. J’ai bien sûr quelques protecteurs adhésifs rajoutés ici et là; pour le réservoir, pour le cadre et autre. Une semelle de béquille plus grande, pour éviter d’avoir à trouver un caillou chaque fois que je stationne en terrain mou, s’ajoutera bientôt.

La suite de ce projet en constante évolution implique un peu d’improvisation et de bricolage. Un préfiltre à air en mousse me semble une bonne idée, mais rien n’existe sur le marché à ma connaissance pour ma Multistrada. Je cherche la façon d’en concevoir un que je pourrai nettoyer et remettre en place sans avoir à retirer la boite à air. Enlever le réservoir pour accéder au filtre principal n’est malheureusement pas une mince tâche sur cette Ducati. J’ai une commande d’outils faits sur mesure que je ­recevrai bientôt; des clefs légères pour démonter les roues. En additionnant ces clefs aux barres à pneus, au kit de réparation de crevaison et à ma trousse de premiers soins, je me retrouve donc à devoir rajouter un rangement convenable qui contiendra le tout. Encore là, je ne trouve pas exactement ce que je cherche pour ma moto, soit un modèle qui s’installe entre le support de la valise gauche et la roue arrière, à l’opposé du silencieux situé à droite. J’en fabrique un ou j’adapte un coffre existant? Au moins une chose est sûre : le résultat devra être étanche avec l’utilisation que je fais de ma Multistrada.

Parlant d’utilisation, après un superbe automne, la température chute passablement au moment où j’écris ces ­lignes. Je n’ai pas décidé si je monte ces fameux pneus avec le petit logo, vous savez, la montagne et le flocon de neige. Mais peu importe, d’ici à ce que ces pneus soient requis, le mercure chute quand même et une selle chauffante serait bienvenue.

J’ai à peine le temps de songer à une idée géniale qu’une autre vient s’ajouter…