Éditorial

15 septembre 2017

Sans mémoire

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Lors de lancements de moto, j’ai la chance de rencontrer des journalistes de tous les pays. On se rencontre pour un modèle en particulier, mais nos discussions débordent inévitablement sur les nombreux sujets entourant le monde de la moto.

S’il y en a un où les différences se trouvent flagrantes, c’est bien celui de l’importance qu’on accorde au sport motocycliste ici par rapport à des pays européens. Alors qu’ici on en a que pour le hockey, dans bien d’autres pays, par exemple en Italie, la culture sportive inclut les courses de motos à son menu. Là-bas, les champions de motos sont des vedettes au même titre que les grands noms du tennis ou du soccer. Les jeunes peuvent participer à des programmes de développement et s’inscrire à des courses pour tous les âges, parfois même à partir de cinq ans! Ça fait partie de la culture et les coureurs sont considérés comme des athlètes à part entière.

De notre côté de l’Atlantique, une série aussi excitante à regarder que le Championnat canadien de Superbike peine à remplir les estrades par manque de moyens de promotion et d’intérêt du public. Cet intérêt serait sûrement plus élevé si des médias autres que ce magazine le commentaient. Bien sûr, c’est bien pour notre bon petit magazine. Mais si de temps en temps pendant l’été, au lieu de parler de la dernière saison de hockey ou de la prochaine qui ne commence que dans deux mois, les journaux réservaient un peu d’espace pour renseigner le public sur le monde des courses de moto, où les championnats se disputent à coups de dépassements spectaculaires et où les luttes se jouent jusqu’en toute fin de saison.

Je ne parle même pas du Dakar, l’une des courses les plus difficiles et spectaculaires au monde. Des épreuves incroyables comme les enduros extrêmes qu’organise Red Bull. Des exploits défiant les lois de la physique que réalisent les champions de trial. Ni même des courses de supercross américaines où les pilotes montrent un talent et une endurance dignes des plus grands athlètes.

Pas besoin de connaître la culture moto pour apprécier ces spectacles. Une bonne course, c’est une bonne course. Malheureusement, même des grands noms de notre histoire moto comme Miguel Duhamel ou Pascal Picotte n’ont jamais eu de couverture médiatique digne de ce nom pendant des carrières tellement fructueuses qu’elles leur ont valu leur récente intronisation au Temple de la renommée de la moto du Canada!

Ne vous méprenez pas, j’aime ça une bonne game de temps en temps, mais il y en a plus de 80 par saison! Les grands médias dits traditionnels ou même sportifs viendront ensuite se plaindre que les gens les délaissent pour aller vers du contenu à la carte, le Web, les réseaux sociaux ou des chaînes spécialisées!

C’est dommage, mais ça empêche beaucoup de monde de découvrir et d’apprécier la beauté de ces sports motorisés.