Éditorial

21 août 2017

Quand Facebook vient en aide aux débutants

Photo: Éric Demers

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Dans le numéro de novembre dernier, je vous parlais des problèmes reliés au fait, pour un débutant, de devoir être accompagné par un motocycliste expérimenté lors de ses premiers mois de pilotage moto. J’y faisais mention qu’avec l’avènement des médias sociaux, cette tâche devrait être beaucoup plus facile que par le passé. Mes exemples avec Gérard, Samantha et ma belle-mère vous ont sûrement fait sourire, mais qu’en est-il dans la réalité? Pour ce faire, j’ai rencontré Martin et Jean, les administrateurs de la page Moto Passion Ville de Québec afin de confirmer ou infirmer mes dires. Premier mythe confirmé : les jeunes femmes ont la cote pour se trouver des sugar-accompagnateurs. Avec la création du profil fictif de Lison, une plantureuse débutante avec des mensurations à faire pâlir d’envie les starlettes des magazines à potins, les gars ont pu constater que plein de volontaires voulaient l’accompagner, lui envoyant même des messages assez explicites.

La page Moto Passion Ville de Québec fut créée il y a quatre ou cinq ans. À l’époque, il n’y avait pas de sites de rencontres pour organiser des sorties, tant pour les apprentis que pour les autres motocyclistes dans la région de Québec. Il y avait bien le forum de discussion de M4E, mais le but du groupe n’est pas vraiment l’accompagnement des recrues... Le bouche-à-oreille aidant, plein de motocyclistes en sont devenus membres… Au début, les sorties étaient un peu mal assorties. Jean nous dit : « Ma première sortie, je la fis avec un groupe de customs. Je n’étais pas trop habitué à rouler en groupe. Je me suis retrouvé le premier du second groupe de sept motos. Je roulais à un rythme un peu plus élevé que mon groupe et passais mon temps à rattraper le premier groupe… Je me suis fait réprimander pour mon comportement et on me suggéra de rester dans ma formation… » L’incompatibilité de certains styles était plus fréquente à l’époque; certains aiment plus regarder le paysage, prendre plusieurs pauses café ou pipi, contrairement à d’autres qui ne pensent qu’à rouler et n’arrêtent que pour mettre de l’essence. Trouver des motocyclistes qui roulent au même rythme, ce n’est pas facile. Mais avec des randonnées planifiées en spécifiant à qui elles s’adressent, ça aide beaucoup.

En notre époque de rectitude politique et de Calinours, je me suis demandé quels sont les sujets qui amènent la bisbille et qui font faire des heures supplémentaires aux administrateurs des pages comme celle décortiquée ici. Il y a bien sûr ceux qui veulent vendre leurs bébelles, comme s’il n’existait aucun site pour ça… Les sujets portant sur les accidents amènent toujours la discorde, les différents types de motos sont pointés du doigt tout dépendamment des engins impliqués… Toute mention du terme Spyder échauffe aussi les esprits, certains commentaires étant même très violents. Heureusement pour eux, les adeptes des roadsters à trois roues possèdent des pages qui leur sont spécialement dédiées… Les commentaires peu élogieux envers certains concessionnaires sont aussi censurés, une mauvaise expérience ne représente pas nécessairement le service offert en général.

Existe-t-il des trolls motocyclistes? Pas vraiment, mais plutôt des Jos connaissant qui apparaissent de temps en temps. Ils ont une opinion sur tout, conseillent à des débutants des motos beaucoup trop puissantes comme première monture, oublient qu’ils sont justement des débutants... Un en particulier expliqua lors d’une randonnée comment prendre les courbes à moto sauf qu’il échappa la sienne dans une courbe quelques minutes plus tard… Au fil des ans, les anecdotes s’accumulent et la suivante m’a bien fait rire. Est-ce possible de perdre des membres du groupe lors d’une randonnée? C’est ce qui arriva lors d’une boucle partant de Québec en passant par le parc des Grands-Jardins pour se rendre à La Baie. Deux motocyclistes ont décidé de faire un échange de monture de Baie-Saint-Paul jusqu’au parc des Grands-Jardins. Une fois rendus, chacun reprend sa moto, mais l’un des deux oublie de reprendre sa clé électronique, il ne peut donc démarrer sa moto… Comble du malheur, son compagnon ne s’en est rendu compte qu’une fois rendu à La Baie, une heure et demie plus tard! Lorsqu’ils sont retournés chercher l’infortuné motocycliste, ce dernier les attendait bien sagement à côté de sa moto.

J’en conclus donc qu’il est envisageable de joindre l’utile à l’agréable en créant une randonnée (elles sont souvent classées par niveau d’habileté : débutant, intermédiaire et expert) qui formera la relève motocycliste de demain. Ça fait du bien de voir des initiatives comme celle-ci. Cette page n’est pas la seule au Québec; mettez-vous à la recherche d’une semblable dans votre coin et s’il n’en existe pas, créez-en une!